
L’odeur de solvant disparaît en quelques minutes parce que le nez s’habitue, pas parce que l’air est redevenu sain. Les poussières les plus fines, elles, ne se voient pas. Des capteurs bon marché donnent aujourd’hui une indication en continu de ces deux pollutions. Ils sont utiles, à condition de savoir ce qu’ils mesurent vraiment.
Deux familles de polluants
- Les composés organiques volatils, ou COV : des gaz émis par les solvants, peintures, colles, vernis, carburants et certains plastiques. Leur toxicité varie énormément d’une substance à l’autre.
- Les particules fines : poussières de ponçage, fumées de soudure, suie. On les classe par taille, PM10 et PM2,5 pour les plus courantes ; plus elles sont petites, plus elles pénètrent profondément dans les poumons.
Ce que mesurent les capteurs grand public
Les capteurs de COV affichent un indice global, souvent appelé COV totaux. Ils réagissent à de nombreux gaz sans les distinguer : ils signalent qu’il se passe quelque chose, pas ce que c’est ni si c’est dangereux. Leur valeur dérive avec le temps et dépend de la température et de l’humidité.
Les capteurs de particules comptent les poussières par diffusion d’un faisceau laser. Ils sont assez fiables pour suivre une évolution, moins pour donner une valeur absolue.
Considérez donc ces appareils comme des indicateurs de tendance. Ils ne remplacent ni un détecteur de fumée, ni un détecteur de monoxyde de carbone, qui sont des appareils de sécurité certifiés.
Ce qu’ils ne détectent pas
Le monoxyde de carbone, inodore et mortel, exige un détecteur spécifique. Le dioxyde de carbone, bon indicateur du renouvellement d’air dans une pièce occupée, se mesure avec un capteur dédié. Aucun capteur grand public n’identifie une substance précise.
Où les placer
À hauteur de respiration, entre un mètre et un mètre cinquante, près de la zone de travail mais pas dans le jet d’une machine ni contre une entrée d’air. Évitez la proximité immédiate d’une source de chaleur. Dans un atelier où l’on ponce et où l’on peint, un seul appareil combiné, placé près de l’établi, suffit pour commencer.
Lire les mesures
Observez d’abord le niveau du local au repos, puis ce qui se passe pendant et après un travail. Trois enseignements viennent vite : combien de temps l’air met à se nettoyer une fois la machine arrêtée, quelle différence fait l’aspiration à la source, et si l’aération actuelle suffit. Si les valeurs restent élevées longtemps après la fin du travail, il faut améliorer la ventilation du garage-atelier.
Automatiser
Un capteur connecté peut déclencher un extracteur lorsque le niveau monte et l’arrêter ensuite : c’est une application simple de la domotique du garage. Ne commandez pas ainsi un extracteur ordinaire en présence de vapeurs inflammables.
Nettoyer le capteur
Dépoussiérez les entrées d’air du capteur, qui s’encrassent vite dans un atelier, et remplacez l’appareil quand ses mesures deviennent incohérentes.
Ne pas se tromper de priorité
Un capteur informe, il ne protège pas. Les vraies mesures restent le captage des poussières à la source, avec un aspirateur d’atelier adapté, l’aération et le port d’un masque adapté.
Sources
- Anses, Qualité de l’air intérieur.
- INRS, Prévenir les risques chimiques.