
Un bidon qui fuit, un fût qui se renverse : sans rétention, le liquide s’étale sur le sol, gagne les cartons et parfois l’égout. Un bac placé sous les récipients recueille la fuite et la garde au même endroit. On en trouve dans le commerce, et il est possible d’en fabriquer un pour un usage domestique, à condition de respecter deux exigences : le volume et la compatibilité avec le produit.
À quoi sert un bac de rétention
Il a deux fonctions. Il contient un déversement accidentel le temps de le récupérer, et il rend visible une fuite lente qui passerait inaperçue sur un sol sombre. Les professionnels y sont tenus par la réglementation ; chez un particulier, c’est une précaution de bon sens dès que l’on stocke de l’huile, du carburant ou des produits d’entretien.
Quel volume
La règle appliquée dans les ateliers professionnels sert de repère : le bac doit pouvoir contenir au moins le volume du plus gros récipient qu’il porte, ou la moitié du volume total stocké si cette valeur est supérieure. Pour quelques bidons de cinq litres, un bac de dix à vingt litres convient.
Quel matériau
- Le polyéthylène résiste aux huiles, aux acides et aux bases courants. C’est le matériau de la plupart des bacs du commerce.
- L’acier convient aux hydrocarbures et aux produits inflammables, mais il est attaqué par les acides.
Vérifiez la compatibilité avec ce que vous stockez, et ne placez pas dans le même bac des produits qui réagiraient entre eux, règle de base du stockage des produits chimiques.
Fabriquer un bac simple
Pour des bidons d’huile et de liquide de refroidissement, plusieurs solutions suffisent : un bac de maçon ou un bac de rangement en polyéthylène épais, sans fissure ; ou un cadre en bois dont le fond et les côtés sont doublés d’une bâche épaisse d’un seul tenant, sans couture ni agrafe sous le niveau du liquide. Posez à l’intérieur un caillebotis ou des tasseaux pour que les bidons ne baignent pas dans une éventuelle fuite et qu’elle reste visible.
Placez le bac sur un sol plan, à l’abri de la pluie, sans quoi il se remplit d’eau et ne retient plus rien, et hors du passage des roues.
Sous un rayonnage
Quand les bidons sont rangés sur plusieurs niveaux, une fuite en hauteur coule de tablette en tablette. Deux montages fonctionnent. Le premier : un bac peu profond par tablette, aux dimensions de celle-ci, chaque niveau retenant ses propres fuites. Le second : un bac unique au sol, plus large que l’emprise du rayonnage, qui recueille tout ce qui tombe ; il faut alors que rien ne dépasse du bord des tablettes et que les montants, posés dans le bac, ne le percent pas.
Les liquides vont sur les niveaux bas, les plus lourds tout en bas. Le poids du bac et de son contenu s’ajoute à la charge de la tablette : vérifiez la charge admissible indiquée par le fabricant et fixez le rayonnage au mur.
Les limites du fait maison
Un bac artisanal n’a ni résistance garantie ni certification. Il ne convient pas à l’essence et aux solvants en quantité, qui demandent une armoire de sécurité, ni à une activité professionnelle, soumise à des obligations précises. Dans ces cas, achetez un équipement prévu pour cet usage.
L’absorption
Gardez à côté du bac un sac d’absorbant minéral, une pelle et un seau à couvercle. En cas de fuite, pompez ou écopez le liquide dans un bidon, absorbez le reste et rapportez le tout en déchèterie. Sur le sol, les taches d’huile et de graisse se traitent sans attendre. Inspectez le bac chaque mois : un fond gras signale un bidon à remplacer.