
Un abri de jardin en bois de quelques mètres carrés devient un atelier agréable, loin de la maison, de sa poussière et de ses contraintes de bruit. Conçu pour ranger une tondeuse, il n’est toutefois ni isolé, ni alimenté, ni toujours assez solide. Quatre chantiers le transforment : l’assise, l’isolation, l’électricité et la ventilation.
Vérifier la structure et les règles
Un abri à parois de dix-neuf ou vingt-huit millimètres supporte mal les charges accrochées et les vibrations d’une machine. Renforcez les parois par une ossature intérieure, qui servira aussi à l’isolation, et assurez-vous que le plancher repose sur une dalle ou des plots stables et ventilés. Côté administratif, la construction ou l’agrandissement d’un abri relève selon sa surface d’une déclaration préalable ou d’un permis : vérifiez votre situation en mairie, ainsi que les règles locales d’implantation.
Isoler sans faire pourrir le bois
Le bois doit pouvoir sécher. La paroi se compose, de l’extérieur vers l’intérieur : le bardage, une lame d’air ou un pare-pluie, l’isolant entre montants, un frein-vapeur continu côté chaud, puis le parement. Les isolants en fibres, laine de bois ou laines minérales, s’accordent bien avec une paroi en bois. Traitez le toit en priorité, puis le plancher, par-dessous si possible. Les principes sont ceux du dossier sur l’isolation du garage.
Pour le parement intérieur, des panneaux d’OSB permettent de visser partout : c’est l’un des atouts de ce matériau pour l’habillage des murs.
Amener l’électricité
C’est le poste qui demande le plus de sérieux. Une rallonge tirée à travers le jardin n’est pas une alimentation. La solution durable est une ligne enterrée, partant du tableau de la maison :
- un câble adapté à la pose enterrée, dans une gaine de protection, au fond d’une tranchée dont la profondeur et le grillage avertisseur sont fixés par la norme ;
- une section calculée d’après la puissance et la longueur, pour limiter la chute de tension ;
- au départ, une protection dédiée ; dans l’abri, un petit tableau avec différentiel 30 mA et un disjoncteur par circuit ;
- une mise à la terre.
Ces travaux relèvent d’un électricien. Vous pouvez creuser la tranchée vous-même pour réduire la facture, après vous être mis d’accord avec lui sur le tracé.
Répartir les circuits
Un circuit pour l’éclairage, un ou deux pour les prises. Listez vos machines : sur une ligne longue, le démarrage d’un gros moteur se passe mal si la section est trop faible. L’article sur la gestion de l’énergie explique ces appels de courant.
Ventiler et chauffer
Un petit volume bien isolé se charge vite en poussière et en humidité. Prévoyez deux grilles opposées ou un extracteur. Pour le chauffage, un appareil électrique suffit ; évitez les appareils à combustion dans un si petit local en bois. Le comparatif des chauffages d’appoint aide à choisir.
Le feu
Bois, sciure et électricité : installez un détecteur, gardez un extincteur près de la porte et videz régulièrement les copeaux.
La sécurité des outils
Un abri isolé au fond du jardin se force facilement. Renforcez la porte et ses paumelles, occultez la fenêtre et consultez les mesures de protection des outils contre le vol.
Sources
- Service-Public.fr, Quelle autorisation d’urbanisme pour installer un abri de jardin ?.
- INRS, Risques électriques : ce qu’il faut retenir.