
Une échelle sur la galerie, des tubes de six mètres, une palette de carrelage : chaque jour, des charges mal fixées glissent, tombent sur la route ou traversent la cabine lors d’un freinage. Le conducteur est responsable de son chargement. Bien arrimer demande dix minutes et un matériel simple, à condition de comprendre les forces en jeu.
Ce que subit une charge
Lors d’un freinage d’urgence, une charge non retenue continue vers l’avant avec une force proche de son propre poids ; dans un virage ou une manœuvre d’évitement, elle part sur le côté. Le frottement du plancher ne suffit pas à la retenir, surtout s’il est lisse, mouillé ou poussiéreux.
Connaître les limites du véhicule
La charge utile se calcule à partir de la carte grise : poids total autorisé en charge moins poids à vide. Passagers, carburant, aménagements et galerie viennent en déduction. Chaque essieu a sa limite, et la galerie comme le toit ont une charge maximale, indiquée dans le manuel du véhicule et sur les barres. La surcharge allonge les distances de freinage et dégrade la tenue de route ; elle est sanctionnée.
Deux façons de retenir une charge
- Le blocage : la charge est calée contre la cloison, un butoir, les autres charges ou des barres d’arrêt. C’est la méthode la plus sûre.
- L’arrimage : des sangles plaquent la charge contre le plancher, ou la retiennent directement dans chaque direction.
On combine les deux dès que possible. Un tapis antidérapant sous la charge augmente beaucoup l’efficacité du sanglage.
Le matériel
Des sangles à cliquet portant une étiquette lisible, qui indique leur capacité et la norme EN 12195-2 ; une sangle sans étiquette, coupée, effilochée ou nouée se jette. Des cornières protègent la sangle sur les arêtes vives. Les sangles se fixent sur les anneaux d’arrimage du véhicule, dont la résistance est indiquée par le constructeur, jamais sur un élément de carrosserie quelconque.
Placer la charge
Le plus lourd en bas, contre la cloison, centré entre les essieux. Comblez les vides pour que rien ne prenne d’élan. Une cloison de séparation entre cabine et chargement est la protection des occupants.
Les charges longues
À l’intérieur, faites-les reposer au sol dans le couloir central, calées vers l’avant contre la cloison. Sur le toit, utilisez un porte-tubes fermé ou des barres avec butées, et deux sangles au minimum par charge, en vérifiant la charge admise par la galerie. Les échelles se fixent sur des supports prévus pour elles.
Ce que dit le code de la route
Le chargement ne doit pas dépasser l’aplomb avant du véhicule. À l’arrière, il peut dépasser dans la limite de trois mètres ; au-delà d’un mètre de dépassement, il doit être signalé par un dispositif réfléchissant, complété la nuit par un feu rouge. Il ne doit ni traîner, ni masquer les feux et la plaque, ni gêner la visibilité du conducteur.
Vérifier en route
Les sangles se détendent. Contrôlez la tension après quelques kilomètres, puis à chaque arrêt.
Le stockage au dépôt
Sangles enroulées et au sec, à l’abri du soleil et des produits chimiques. Les supports d’échelles et de tubes à l’atelier relèvent des mêmes principes que les rangements muraux. Pour l’organisation intérieure du véhicule, deux écoles existent, le rayonnage métallique et les rangements en contreplaqué.