
Les kits d’aménagement métalliques pour utilitaires sont efficaces et chers. Avec quelques panneaux de contreplaqué, on fabrique des rangements aux cotes exactes du fourgon et de son outillage, pour une fraction du prix. Il faut seulement garder en tête deux contraintes propres au véhicule : le poids, qui se déduit de la charge utile, et la tenue en cas de freinage brutal ou de choc.
Commencer par le poids
La charge utile est la différence entre le poids total autorisé en charge, inscrit sur la carte grise, et le poids à vide du véhicule. Tout ce que vous ajoutez, meubles compris, vient en déduction de ce que vous pourrez transporter. Un aménagement en bois pèse facilement plus de cent kilos : calculez-le avant de couper, à partir de la surface et de l’épaisseur des panneaux.
Quel contreplaqué
- Le contreplaqué de bouleau : dense, rigide et stable, c’est la référence pour les structures et les tiroirs.
- Le contreplaqué de peuplier : nettement plus léger, moins résistant ; bon choix pour les habillages et les cloisons peu sollicitées.
- Le contreplaqué filmé antidérapant : pour le plancher.
Une épaisseur de 15 mm suffit pour la plupart des caissons, 18 mm pour les montants très chargés, 9 à 12 mm pour les fonds et les séparations. Évitez les panneaux de particules et le MDF, lourds et sensibles à l’humidité.
Plancher et habillage d’abord
Un plancher en contreplaqué, découpé d’après un gabarit en carton, protège la tôle et offre une base plane où visser. Des panneaux latéraux protègent les flancs et servent de support aux meubles. Fixez-les sur les points d’ancrage et les renforts d’origine du véhicule.
Concevoir les meubles
Relevez les cotes du fourgon en plusieurs points : les parois sont galbées et les passages de roue imposent leurs formes. Dessinez des caissons qui épousent le flanc, plus profonds en bas qu’en haut. Placez le lourd en bas et vers l’avant de la zone de chargement, au plus près de l’essieu. Gardez un couloir central pour charger les matériaux longs et les panneaux.
Des assemblages collés et vissés, avec des fonds rapportés qui contreventent, donnent une structure rigide. Des rebords ou des portes à loquet empêchent le contenu de glisser.
Fixer : le point qui compte le plus
En cas de choc, un meuble mal fixé devient un projectile. Ancrez l’aménagement sur les points d’arrimage d’origine et les renforts de carrosserie, avec des boulons et des contre-plaques ou des inserts adaptés. Avant de percer, vérifiez ce qui se trouve derrière la tôle : réservoir, faisceaux électriques, canalisations de frein. Traitez chaque perçage contre la corrosion.
Une cloison de séparation entre la cabine et le chargement protège les occupants ; si le véhicule en est dépourvu, c’est le premier équipement à ajouter.
Protéger le bois
Un vernis ou une huile dure limite les taches et l’absorption d’humidité. Arrondissez les arêtes exposées et protégez les chants des zones de passage.
Assurance et réglementation
Un aménagement de rangement ne change pas, en général, la catégorie du véhicule. Les transformations importantes relèvent en revanche d’une procédure de réception auprès des services de l’État. Prévenez votre assureur et, en cas de doute, renseignez-vous auprès de la DREAL de votre région.
Pour compléter
L’alternative en acier est le rayonnage métallique pour utilitaire. Un plan de travail rabattable se fixe sur le flanc d’un de ces caissons. Le rangement des coffrets est traité dans celui sur les mallettes d’outillage dans un fourgon, et la tenue des charges dans le guide de l’arrimage. Côté atelier, la scie sur table facilite les découpes.
Sources
- Ministère de la Transition écologique, Homologation des véhicules.
- DREAL Auvergne-Rhône-Alpes, Foire aux questions sur la réception des véhicules.