
Fabriquer ou réparer un instrument à cordes, c’est travailler des bois minces au dixième de millimètre, assemblés par des collages qui doivent tenir des décennies. Le bois réagit à l’humidité de l’air : un atelier trop sec fend les tables, un atelier trop humide les fait gonfler. Dans un garage, le premier chantier n’est pas l’établi, c’est le climat.
Stabiliser l’humidité de l’air
Les luthiers travaillent en général dans un air maintenu autour de 45 à 55 % d’humidité relative, à une température modérée et stable. Un garage non isolé en est loin, avec des variations fortes entre le jour et la nuit, l’été et l’hiver. Un sous-sol sain offre à cet égard une température bien plus stable.
- Commencez par mesurer : un hygromètre, placé à hauteur d’établi, relevé pendant plusieurs semaines.
- Isolez et fermez un volume réduit plutôt que tout le garage : une cloison légère ou un coin fermé se régule bien plus facilement. C’est une application directe de l’isolation du garage.
- Régulez ensuite : déshumidificateur si l’air est trop humide, humidificateur dans le cas contraire, chauffage doux et constant.
Si le local présente des traces d’eau ou de salpêtre, aucun appareil ne compensera des infiltrations ou des remontées d’humidité : il faut les traiter d’abord.
Stocker les bois et les instruments
Les bois de lutherie se conservent à plat, séparés par des lattes pour que l’air circule, à l’écart des murs extérieurs, du sol et de toute source de chaleur. Laissez-les s’acclimater plusieurs semaines dans l’atelier avant de les travailler. Les instruments en cours et terminés restent dans cette zone régulée, ou dans leur étui avec un régulateur d’humidité.
L’établi et la tenue des pièces
Un établi lourd et parfaitement plan, plus haut que pour la menuiserie courante : le travail est fin et l’on y passe des heures. Des presses, des cales en liège ou en cuir, un étau de luthier à mors garnis et, selon les travaux, des gabarits et des moules. La hauteur se règle selon les repères de l’ergonomie du poste de bricolage.
Voir le bois
La lumière compte autant que les outils. Un éclairage général doux, complété par une lampe orientable que l’on place en lumière rasante, révèle les ondulations d’une surface et le sens du fil. Choisissez des sources à indice de rendu des couleurs élevé pour juger les teintes et les vernis.
Les outils tranchants
Rabots, ciseaux, racloirs et couteaux ne valent que par leur affûtage. Prévoyez un poste d’affûtage permanent, avec pierres et cuir, à portée de main. Dans un garage, l’acier rouille vite : essuyez les outils, huilez-les légèrement et rangez-les dans un meuble fermé.
Colles et vernis
Les colles traditionnelles et les vernis de lutherie sont sensibles à la température et à l’humidité au moment de l’application. Les vernis à l’alcool et les solvants sont inflammables : aérez et éloignez toute flamme ou résistance apparente. Le travail des étuis et des sangles relève, lui, d’un atelier de cuir.
La poussière de bois
Certaines essences exotiques utilisées en lutherie sont irritantes ou allergisantes. Aspirez à la source pendant le ponçage et portez un masque FFP2.