
Un compresseur à piston classique fait un bruit comparable à celui d’une tondeuse, dans un local fermé qui le réverbère. Les modèles dits silencieux ramènent ce niveau à celui d’une conversation animée. Ils ne conviennent pas à tous les usages : avant d’en acheter un, il faut partir de l’outil pneumatique que l’on veut alimenter. Ce guide décrit les critères de choix ; nous n’avons pas testé de modèles.
Ce qui rend un compresseur silencieux
La plupart des compresseurs silencieux sont des modèles sans huile dont le moteur tourne lentement et entraîne deux pistons. Moins de vitesse, moins de vibrations, donc moins de bruit. Les fabricants annoncent souvent un niveau entre 55 et 70 décibels, mesuré à une distance qui varie d’une marque à l’autre : comparez des chiffres donnés dans les mêmes conditions.
Les trois chiffres à regarder
- Le débit restitué, en litres par minute : c’est l’air réellement disponible à la sortie, toujours inférieur au débit aspiré mis en avant sur l’emballage. C’est lui qu’il faut comparer à la consommation de vos outils.
- Le volume de la cuve, en litres : une réserve qui absorbe les pointes de consommation.
- La pression maximale, en bars : 8 à 10 bars suffisent pour l’outillage courant.
Partir de l’usage
- Gonflage, soufflette, clouage, agrafage, peinture à l’aérographe : faible consommation, un petit compresseur silencieux à cuve de 6 à 24 litres convient très bien.
- Peinture au pistolet, petite clé à chocs en usage bref : il faut une cuve de 50 litres ou plus et un débit restitué nettement supérieur.
- Ponceuse, meuleuse ou clé à chocs en continu : la consommation dépasse ce que fournissent la plupart des modèles silencieux grand public.
Si l’outil consomme plus que le compresseur ne restitue, le moteur tourne sans arrêt, chauffe et s’use.
Avec ou sans huile
Les modèles sans huile demandent peu d’entretien et délivrent un air propre, appréciable pour la peinture. Les compresseurs lubrifiés sont en général plus endurants en usage intensif, mais demandent une surveillance du niveau et une vidange.
Où l’installer
Posez-le sur un sol plan, sur ses plots en caoutchouc, dans un endroit aéré : un compresseur enfermé dans un placard surchauffe. Branchez-le directement sur une prise, sans rallonge longue ; la chute de tension gêne le démarrage. Son appel de courant au démarrage pèse sur la gestion de l’énergie au garage.
L’entretien indispensable
L’air comprimé contient de l’eau, qui se condense dans la cuve et la fait rouiller de l’intérieur. Purgez-la après chaque journée d’utilisation par le robinet situé en dessous. Vérifiez le fonctionnement de la soupape de sécurité et ne modifiez jamais son réglage. Une cuve corrodée ne se répare pas, elle se remplace.
Les précautions d’usage
Portez des lunettes, ne dirigez jamais une soufflette vers la peau ou le visage et dépressurisez avant de débrancher un outil. Si vous voulez de l’air à plusieurs endroits de l’atelier, posez un réseau d’air comprimé fixe ou un enrouleur au plafond.