
Sur un chantier sans courant, il faut du 230 volts pour recharger les batteries, alimenter une scie ou une bétonnière. Deux solutions embarquées existent : le convertisseur, qui transforme le 12 volts d’une batterie, et le groupe électrogène, qui produit le courant avec un moteur. Elles ne répondent pas aux mêmes besoins et n’ont pas les mêmes risques.
Estimer ses besoins
Relevez la puissance des appareils à alimenter et la durée d’utilisation. Recharger des batteries d’outils ou un ordinateur demande quelques centaines de watts. Une scie circulaire, un perforateur ou un aspirateur dépassent le kilowatt, avec une pointe au démarrage qui peut atteindre deux à trois fois la puissance nominale.
Le convertisseur : pour les petites et moyennes puissances
Il se branche sur une batterie 12 volts et délivre du 230 volts. Deux points de vocabulaire comptent à l’achat :
- onde sinusoïdale pure : indispensable pour les chargeurs, l’électronique et les moteurs ; les modèles à onde modifiée, moins chers, conviennent mal à ces appareils ;
- puissance continue et puissance de crête : la première doit couvrir l’appareil en marche, la seconde son démarrage.
La contrainte vient du courant côté batterie : fournir 1 000 watts sous 12 volts, c’est tirer près de 90 ampères. Cela impose des câbles courts et de forte section, un fusible placé au plus près de la batterie et un montage soigné. Un câble sous-dimensionné chauffe et peut provoquer un incendie.
Ne pas vider la batterie de démarrage
Un convertisseur puissant décharge très vite la batterie du véhicule. La solution propre est une batterie auxiliaire dédiée, rechargée en roulant par un chargeur adapté à l’alternateur du véhicule, et isolée de la batterie de démarrage à l’arrêt. Sur les véhicules récents, dont l’alternateur est piloté électroniquement, un simple relais ne suffit pas : un chargeur de type DC-DC est nécessaire.
Une alternative sans installation existe : la station d’énergie portable, qui réunit batterie, convertisseur et prises dans un boîtier. Une station d’énergie portable convient aux besoins modestes.
Le groupe électrogène : pour les fortes puissances
Il alimente sans limite de durée des machines gourmandes. Les modèles à technologie inverter sont plus silencieux et délivrent un courant stable. Sa règle d’usage est absolue : un groupe électrogène ne fonctionne jamais dans le fourgon, ni portes ouvertes, ni dans un local, ni sous une fenêtre. Ses gaz d’échappement contiennent du monoxyde de carbone, inodore, qui tue en quelques minutes dans un espace confiné. Il se pose dehors, à plusieurs mètres, gaz dirigés à l’opposé de la zone de travail.
Pour le transport : moteur refroidi, robinet d’essence fermé, appareil arrimé debout. Le carburant voyage dans un jerrican homologué, en quantité limitée, dans un compartiment ventilé et séparé de la cabine.
La protection des personnes
Le courant produit par un convertisseur ou un groupe est aussi dangereux que celui du secteur. Utilisez des rallonges en bon état, prévues pour l’extérieur, et un dispositif différentiel 30 mA adapté à ce type de source ; suivez la notice du fabricant pour la mise à la terre. Sur un chantier humide, la prudence s’impose plus encore.
Faire installer
Un convertisseur fixe avec batterie auxiliaire touche au circuit électrique du véhicule. Confiez le montage à un électricien automobile ou à un aménageur, et prévenez votre assureur.
Pour l’éclairage, inutile de convertir
Les LED fonctionnent directement en 12 volts, sans passer par le 230 : c’est tout l’intérêt de l’éclairage LED pour utilitaire. Batterie et groupe se fixent selon les règles de l’arrimage des charges.
Sources
- Santé publique France, Intoxications au monoxyde de carbone : les bons gestes.
- INRS, Risques électriques : ce qu’il faut retenir.